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La Pharma dans tous ses états

Les études de pharma, ça donne quoi ?

Les études de pharma, ça donne quoi ?

Quand je dis aux gens que je suis pharmacienne, on me sort souvent "ah oui, bac+3 quoi!". Et à ce moment-là, j'ai soit envie de partir en pleurant, soit de présenter la panoplie des milliers de pages que j'ai apprises par coeur et qui sont soigneusement conservées dans des classeurs décorant les étagères de ma chambre, histoire de bien me rappeler que j'en ai chié pendant plus de 6 ans (et pas 3...).

En résumé, combien de temps dure le cursus de pharma ? De 6 à 9 ans selon le cursus choisi (officine, industrie ou internat). Puis, cette durée, c'est sous réserve qu'on ne repique pas la première année, et ça, ça ne concerne que pas beaucoup des étudiants !

Concrètement, ça ressemblait à quoi les études de pharma, telles que moi je les ai faites à Angers ?

Tout d'abord, une première année hyper stressante qui s'étale de septembre à fin avril, en vue de la préparation du concours de fin de première année. Et oui, c'est pas parce qu'on est en première année de pharma qu'on est officiellement en train de faire des études de pharma, ya d'abord un concours, avec un nombre de places limité donc (3000 environ sur toute la France)... Donc on s'en tape qu'en terminale, on avait 18 de moyenne toute l'année et qu'on a eu mention très bien au bac ; là, il faut faire mieux que tout le monde ! Année difficile dans le sens où on passe d'un système scolaire où on en est super encadré par les profs, au système universitaire où on est noyé dans une masse de 200 étudiants de tous âges et de tous horizons (certains ayant déjà quelques années d'études dans le supérieur derrière eux) et on n'est qu'un étudiant lambda pour les professeurs qui parlent passionnément de sujets auxquels on ne connait rien ; il faut s'autonomiser, travailler différemment (la première année de pharma requièrt surtout une excellente capacité de mémorisation, mais on apprend des milliers de choses nouvelles aussi...). Travailler en petits groupes peut aider, mais quand on sait que si on aide quelqu'un à étudier, on s'enlève peut-être des chances d'être parmi les premiers, alors aider les potes, ok, mais pas trop ! Puis arrive le moment du concours... Et là, c'est "que le meilleur gagne"... Pendant une petite semaine, ça surchauffe là-haut... Mi-mai, on est libre de ce fardeau et on doit penser à la suite : est-on admis en 2ème année de pharma ? Si non, on fait quoi : on retente une deuxième fois ou on s'inscrit ailleurs ? 5 semaines plus tard, les résultats : "p*tain, je suis 55/200 !!! Ah merde, yen avait que 49 pris...". Et là, on a juste envie de brûler les résultats quand on voit le nombre infime de points (<0.2...) qui nous sépare du dernier reçu. Bon, bah on fait comme la majorité, on recommence la 1ère année parce qu'on a été crétin et on s'est inscrit nulle par ailleurs.

La 2ème première année, c'est plus cool : on a acquis des réflexes de travail, on se souvient encore des pages qu'on connaissait par coeur l'année passée, et on a compris que des pauses étaient primordiales pour y arriver. Et là, le concours, les doigts dans le nez ! On peut même être dans les 5 premiers (ce qui ne sert strictement à rien pour la suite, autant se le dire...).

En 2ème année, on a un stage de 6 semaines à faire dans une pharmacie avant le début des cours. Très bonne entrée en matière pour voir qu'on n'y connait vraiment que dalle même si votre mère a une stupéfiante armoire à pharmacie à la maison, et surtout, pour pressentir si l'officine est faite pour vous ou pas ! Puis 2ème et 3ème années se passent tranquillement, avec toujours beaucoup de cours théoriques entrecoupés de travaux pratiques où on craint de faire péter le labo. On ne voit pas trop bien encore où veulent en venir les profs. Par contre, la famille ne fait pas encore bien la différence entre un médecin et un pharmacien, et surtout entre quelqu'un qui y connait quelque chose en santé (un professionnel) et ceux qui n'y connaissent toujours rien (les étudiants!). On découvre les différents secteurs dans lesquels le pharmacien peut exercer au cours de mini stages d'une semaine, ce qui permet de peaufiner davantage son projet professionnel (et de confirmer que non, non, on n'est pas fait pour l'officine!).

La 4ème année fait enfin le lien concret entre tout ce qu'on a vu (même les incompréhensibles cours de chimie analytique de Mme C. et de physique de Mr P. ...), on apprend les cours sous forme de modules (gastro-entérologie, ORL, dermato...), et non pas de matières séparées (chimie organique, biologie cellulaire, bactériologie...). Ca se complique un peu, à tel point que si on le veut vraiment, on peut passer 10 matières au rattrapage ! J'ai trouvé ça cool le rattrapage, on tisse des liens spéciaux avec les profs (L.O.L.). et avec ceux avec qui on est au rattrapage. Mais s'il y a une année à laquelle faut éviter le rattrapage, c'est celle-là. Pourquoi ? Parce que c'est le classement de 4ème année qui détermine la répartition des stages hospitaliers de l'année qui suit. J'y reviens... A la fin de la 4ème année (et même 3ème année), on peut aller faire un stage Erasmus de 3 mois à l'étranger. Je vous le recommande vivement, c'est une expérience inoubliable et qui ouvre tellement de portes, sans parler des rencontres exceptionnelles que l'on y fait.

Illustration de ce que peut être un stage Erasmus !

Illustration de ce que peut être un stage Erasmus !

5ème année donc, année hospitalo-universitaire, c'est-à-dire année divisée entre un stage hospitalier et des cours à la fac. On n'est pas répartis par hasard dans les hôpitaux, ce sont les étudiants qui choisissent dans l'ordre du classement. Et c'est comme ça qu'on atterrit dans un trou perdu... La 5ème année, c'est aussi l'année où on choisit sa filière : officine, industrie ou internat. Donc les cours sont divisés entre des cours communs à toutes les filières, et des cours spécifiques à chacun. Et quand on choisit industrie, on a un stage de 3 mois à prévoir en industrie à la fin de cette 5ème année (vrai pour Angers). L'année est donc plutôt très rythmée. Entre cours, stages à l'hôpital, et soirées à l'internat de l'hôpital où on se trouve, l'année passe plutôt vite jusqu'au stage industriel !

Puis, 6ème et dernière année (enfin 7ème quand on a repiqué la première), les filières sont séparées. Les officinaux continuent les cours à la fac de pharma et les industriels font un master de spécialisation de leur choix (production, qualité, affaires réglementaires, marketing, études cliniques...) dans un établissement qui le propose. Pour ces deux filières, cela représente une année divisée en 6 mois de cours et 6 mois de stage de fin d'études. A noter que pour certains masters de spécialisation (recherche notamment), ce n'est pas un an qu'il faut compter, mais 3 ans d'études en plus !

Quant aux internes, eux, ils en ont encore pour 4 ans d'études (les masos...), mais ce sont des stages salariés de 6 mois dans des hôpitaux et laboratoires d'analyses médicales et quelques cours, soit 9 ans d'études pour eux (s'ils n'ont pas redoublé la première année).

A la fin, pour les filières officine et industrie, on a un diplôme d'Etat de docteur en pharmacie, et pour les internes, on a un doctorat en pharmacie. Et on se fait remettre un joli diplôme à l'occasion d'une cérémonie suivie d'une grosse fiesta...

Les études de pharma, ça donne quoi ?

Et aujourd'hui, qu'est ce qui a changé ? La première année est désormais commune à toutes les filières de santé, donc ce n'est pas au milieu de 200 étudiants qu'on est noyé, mais au milieu de 1000 !!

Même si j'en ai particulièrement bavé à cause de problèmes de santé, je garde un très bon souvenir de ces études. Bien évidemment, on ne se sert plus de tout dans l'exercice de notre métier par la suite, mais j'ai trouvé intéressant tout ce que j'ai appris. Mon unique regret : ne pas avoir pu participer davantage à la vie universitaire et aux soirées, etc. Et oui, mine de rien, ça fait partie intégrante des études ! Du fait de la multitude de portes que ce cursus ouvre, je recommanderais sans aucun problème ce cursus, aussi difficiles les études soient-elles

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Léna 17/07/2014 16:03

Bonjour,

Comment se sont déroulées vos recherches de stage pharma ? Est-ce que les universités ont des partenariats avec les laboratoires de leur région ? Est-ce que chaque étudiant se rend dans l'officine du coin pour demander à être pris en stage ?
Est-il possible/envisageable que le stage de fin d'études de 6 mois ne corresponde pas à son choix de spécialisation (officine vs labo) ?

Jenzinha 17/07/2014 17:34

Bonjour !
Alors les choses ont pas mal changé depuis que je suis sortie des études, mais je pense que pour l'histoire des stages, ça reste plus ou moins pareil. Je vais tâcher de répondre à vos questions une par une.
Tout d'abord, pour mes recherches de stages, j'ai été plutôt chanceuse, dans la mesure où je n'ai absolument personne dans mon entourage qui bossait dans le milieu et qu'il a fallu que je me débrouille toute seule pour tout (et oui, de connaître des gens dans le milieu, ya pas à dire, ça aide!).
Pour mes stages en labo pharma, c'est-à-dire celui entre la 5ème et 6ème année filière industrie, et celui de 6 mois de fin d'études, je me suis déplacée dans les salons dédiés au domaine pharmaceutique, et globalement, c'est via les contacts que je me suis faits sur ces salons que j'ai trouvés mes stages.
Je pense que pour les partenariats, c'est extrêmement variable en fonction des facultés de pharmacie, sachant que lorsque l'on doit faire un stage en laboratoire pharmaceutique, il est fréquent de devoir bouger vers une autre région, les gros bassins pharmas étant la région parisienne, la vallée du Rhône et la Côte d'Azur (+ un gros labo dans le sud ouest de la France), voire même d'aller à l'étranger pour ceux qui veulent.peuvent.
Quant aux stages en officine, en principe, la faculté de pharmacie de la région a une liste des pharmacies agréées (toutes les officines ne peuvent pas accueillir de stagiaires), et à partir de là, l'étudiant sélectionne celles qui l'intéressent en fonction de la zone géographique ou autre critère, et il appelle et/ou se déplace.
Sauf erreur de ma part (à confirmer auprès du responsable des études d'une fac de pharmacie), le stage de fin d'études doit normalement correspondre au choix de spécialisation. Si l'étudiant a suivi filière officine, son stage aura lieu en officine, et s'il a choisi industrie, c'est son master de spécialisation qui définira le type de stage qu'il devra faire pour valider ce master et ses études complètes. Mais peut-être qu'il existe certaines dérogations, dont je n'ai pas connaissance.