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La Pharma dans tous ses états

L'obésité et le bypass gastrique

Vous avez tous entendu parler d'obésité*, cette maladie qui fait de plus en plus parler d'elle dans notre monde industrialisé. Ce que vous connaissez peut-être moins, ce sont les solutions pour en guérir, et notamment le bypass. Il s'agit d'une opération chirurgicale visant à réduire le volume de l'estomac en modifiant le circuit alimentaire : au lieu que l'alimentation suive le circuit normal oesophage --> estomac --> duodenum (= partie haute de l'intestin) --> jejunum (= partie moyenne de l'intestin)--> etc, elle est déviée de la fin de l'oesophage/début de l'estomac directement au jejunum. L'alimentation ne passe donc plus par l'estomac lui-même, ni par le haut de l'intestin.

Sans le bypass

Sans le bypass

Avec le bypass

Avec le bypass

Le but de la manoeuvre est de réduire la quantité de calories absorbées l'organisme, en créant :

- une réduction du volume d'aliments que le malade peut ingérer ;

- une malabsorption : normalement, les éléments intéressants d'un aliment sont majoritairement absorbés par notre organisme au niveau du duodenum (partie haute de l'intestin). Mais cette partie étant court-circuitée dans le cas d'un bypass, cette absorption est donc largement réduite.

- une diminution de la sécrétion de ghréline, hormone de la faim : ainsi, la personne bypassée perd l'appétit.

- un syndrôme de dumping, c'est-à-dire un malaise général entraîné par la consommation d'aliments très sucrés en grande quantité. Celui ci est dû fait que les aliments passent désormais trop rapidement dans l'estomac, et arrivent non digérés à l'intestin, le tout entraînant des mécanismes physico-chimiques inhabituels pour l'organisme.

Le bypass est une intervention réversible, mais uniquement en cas de nécessité.

Pour mieux comprendre ce qu'est le bypass, et comment on vit après une telle intervention, je vous propose de découvrir le témoignage d'Emilie, une jeune femme qui a souffert d'obésité pendant quelques années jusqu'au jour où elle a décidé de se faire "bypasser".

  • Avant le bypass, qui étais-tu ?

Lorsque j'ai décidé de me faire opérer, j'avais 30 ans, en couple et mère de 2 enfants, en obésité dite morbide* pendant 5 ans avec développement de diabète de type 2*.

  • Pourquoi avoir choisi de te faire « bypasser » ? La décision a-t-elle été difficile à prendre ? Qu’en pensait ton entourage ?

J'ai choisi de me faire "by-passer" après avoir fait plusieurs régimes alimentaires, de plusieurs professionnels différents (Endocrinologue, Nutritionniste, Diabétologue...), qui se sont soldés par des échecs. J'ai pris trois années pour y réfléchir et à me renseigner via des brochures médicales et sur Internet. Je n'en ai pas parlé à mon entourage, c'est une décision que j'ai prise seule pour ne pas inquiéter ma famille.

  • Quelles étaient tes craintes avant l’opération ?

Je suis partie au bloc assez sereine et très déterminée à me retrouver, je n'étais pas du tout stressée!

  • Comment s’est déroulée l’opération ?

J'ai eu une première rencontre avec le chirurgien dans le but de se connaître un petit peu et de savoir quelles étaient mes motivations à ce moment-là. Ensuite vient un planning organisé par la secrétaire du centre pluridisciplinaire de l'obésité : consultations et batterie d'examens à faire sur 2 jours. Jour 1 : rdv avec le psychiatre, le stomatologue, le nutritionniste, le cardiologue et le pneumologue. Jour 2 : panoramique dentaire pour chercher d'éventuelles bactéries, radios thoraciques et fibroscopie de l'estomac. 2 mois se passent puis de nouveau rdv avec le chirurgien afin de poser une date d'intervention et de m'informer qu'un régime sans graisses ni sucres ni viandes rouges est nécessaire pour désengorger le foie et faciliter ainsi l'opération. 

L'opération en elle-même s' est très bien passée, le foie avait bien dégonflé, ce qui a facilité la chirurgie.

  • Et ensuite, comment te sens-tu les jours suivants ? Et plus tard ?

H+2: Je suis en salle de réveil, je suis encore dans le brouillard mais tout va bien ; on m'emmène donc dans une chambre de chirurgie ambulatoire, je ne remonterai dans ma "vraie" chambre que le lendemain matin. Je dors énormément et je suis encore dans la soupe, le kiné passe pour vérifier que tout va bien.

J+1: ça y est je suis revenue dans ma chambre, je n'ai pas faim et j'ai plutôt mal à l'estomac mais c'est normal car j'ai subi une chirurgie coelioscopique* et donc il faut évacuer le gaz.

J+2: super, j'ai réussi à manger les 3/4 d'une biscotte beurrée, je dois faire attention à bien mastiquer et à manger très doucement car mon estomac a la contenance d'un gobelet en plastique.

J+7: Je sors enfin de la clinique avec quelques ordonnances pour les vitamines et protecteurs gastriques. J'ai perdu 1kg par jour depuis l'intervention. Je me fatigue très vite, je dois faire au moins 3 siestes par jour et je ne dois absolument pas porter de poids.

M+3: j'ai perdu 20kg, je suis passée sous la barre des 100kg et je suis trop heureuse!

  • Arrives-tu à avoir une alimentation normale ?

Je peux manger de tout, cependant si c'est trop gras ou trop sucré j'ai beaucoup de mal à le digérer et ça me donne des nausées ainsi que des crises de tachycardie*.

  • Quel est l’impact psychologique pour toi ? Pour tes proches ?

Je me suis enfin retrouvée, ce qui fait tellement de bien que ça en est indescriptible ! Je n'ai plus mal au dos ni aux articulations, je ne souffle plus comme un boeuf asthmatique dès que je lace mes chaussures. Ma famille et mes amis retrouvent quelqu'un de dynamique et enjoué, toujours de bonne humeur et moins renfermée. Ils sont très heureux pour moi !

  • Concrètement, quel était ton poids avant l’opération ? Et maintenant ?

Lorsque je suis rentrée à la clinique, je pesais exactement 108,6kg ; j'en fait 58 actuellement.

Emilie, avant

Emilie, avant

Emilie aujourd'hui

Emilie aujourd'hui

  • Comment vis-tu ta nouvelle image ? Et les remarques qu’on peut te faire par rapport à ta nouvelle image ?

Je me sens beaucoup mieux dans ma peau, même s'il reste quelques petits travaux de chirurgie, mais je ne regrette en rien ma décision. Je suis enfin réconciliée avec mon image et j'ai retrouvé confiance en moi ! Beaucoup de personnes qui ne me voient pas souvent (genre une fois par an) sont surpris par ma transformation. Ils me disent qu'ils ne m'avaient pas reconnu avant de m'entendre parler, c'est dire!

  • Quel(s) conseil(s) donnerais-tu à une personne qui hésite à franchir le pas ?

Je n'ai qu'une chose à dire : c'est une décision très personnelle à prendre, une chirurgie ce n'est pas rien mais quand je vois et que je ressens le résultat, j'encourage tous ceux et celles qui entrent dans les critères d'obésité dite "morbide" et qui veulent que ça change de foncer, c'est une vraie chance !

Un grand merci à Emilie pour son témoignage, et bravo à elle !

Lexique :

- obésité : selon l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé), il s'agit d'une "accumulation anormale ou excessive de graisse corporelle qui peut nuire à la santé". On parle d'obésite lorsque l'IMC (Indice de Masse Corporelle = poids (kg) / taille² (m) ) est supérieur à 30.

- obésité morbide : dans le cas de l'obésité morbide, l'IMC dépasse 40.

- diabète de type 2 : excès de sucre dans le sang survenant avec l'âge, principalement chez les personnes en surpoids.

- chirurgie coelioscopique : technique chirurgicale permettant de ne pas ouvrir la cavité abdominale.

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